Lenoctambule Ciné
Lenoctambule.com Index du Forum Lenoctambule.com
Site N°1 de la nuit Bas Normande
 

FAQFAQ RechercherRechercher Liste des MembresListe des Membres
Groupes d'utilisateursGroupes d'utilisateurs S'enregistrerS'enregistrer
ProfilProfil Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés ConnexionConnexion


[Critique] No Country for Old Men


 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Lenoctambule.com Index du Forum -> Cinéma et DVD
Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant  
Auteur Message
RodHodindron
Noctambulien d'or
Noctambulien d'or


Statut: Absent
Inscrit le: 01 Sep 2005
Messages: 867
Localisation: Paris

MessagePosté le: Dimanche 27 Janvier 2008, 13:0    Sujet du message: [Critique] No Country for Old Men Répondre en citant

A la frontière qui sépare le Texas du Mexique, les trafiquants de drogue ont depuis longtemps remplacé les voleurs de bétail. Lorsque Llewelyn Moss tombe sur une camionnette abandonnée, cernée de cadavres ensanglantés, il ne sait rien de ce qui a conduit à ce drame. Et quand il prend les deux millions de dollars qu’il découvre à l’intérieur du véhicule, il n’a pas la moindre idée de ce que cela va provoquer… Moss a déclenché une réaction en chaîne d’une violence inouïe que le shérif Bell, un homme vieillissant et sans illusions, ne parviendra pas à contenir…

Le retour en force des frères Coen

Avec Ladykillers et Intolérable cruauté, les 2 frangins avaient quelque peu déçu les puristes. Il faut dire que lorsqu’on est le géniteur de perles à l’instar de Fargo, The Big Lebowski ou encore O’Brother, “un bon film” ne suffit pas. Soyons clair et net, No Country for Old Men est un pur joyau, et à plus d’un titre.

Hommage aux vieux westerns, thriller dans l’âme

No Country for Old Men est visuellement magnifique. Les plans photos - cf le chien blessé dans la brousse -, les paysages aussi désertiques qu’immenses sont filmés avec une poésie et une inspiration d’un rare délice : les yeux sont éblouis et émerveillés. On se sent tout de suite plongé dans une ambiance aride et poussiéreuse ; le sens du détail ne cesse de jalonner la production, et aucune séquence n’est laissée au hasard. On pourrait également voir dans cette adaptation du roman éponyme de Cormac McCarthy un remake très noir et moderne du bon, la brute et le truand. On retrouve en effet dans les personnages dépeints une similitude jouissive, à l’exception de la philosophie de vi de chacun poussée à l’extrême. Et c’est à ce moment précis que l’histoire se transforme volontiers en road-movie où finalement le destin de chacun semble au fur et à mesure échapper totalement au spectateur.

Chaos rythmique

Inutile de chercher la constituante basique d’une histoire : ici point d’introduction, d’élément perturbateur et d’épilogue classique. No Country for Old Men navigue, voyage dans les genres, en faisant l’impasse d’avoir une véritable structure (quelque part, le scénario est secondaire, ou plutot la trame) ; l’humour noir, le thriller et le western s’entremêlent et s’entrechoquent : on passe des jolis paysages désertiques aux villes nocturnes sans vie, de la chasse à l’homme haletante aux pensées métaphysiques sans que cela ne soit déstabilisant. On pourrait d’ailleurs scinder le film en deux parties distinctes : 1h35 de thriller / poursuites où l’on pense deviner les intentions de chacun, et une demi-heure finale de véritable gifle scénaristique et philosophique. Les amateurs de films bourrins seront donc déçus par ces changements de rythme incessants, qui sont paradoxalement l’ingrédient principal constituant la réussite du film.

Apologie de la décadence et de la déshumanisation

A moults reprises, le personnage interprété par Tommy Lee Jones - exceptionnel - ponctue l’histoire dont il n’est qu’un simple spectateur désabusé, où ses moeurs et ses croyances se retrouvent profondément en conflit avec les actes dont il ne comprend plus ni le sens, ni la gravité. No Country for Old Men se sert des codes anciens pour montrer la montée en puissance, engendrée par un système dont les individus se sont lavés de toute morale, sans être pour autant dénué de principes - ce qui rend le “mal” encore plus terrifiant). Un monde où les valeurs d’antan - on peut arriver à changer les choses avec un sens de la justice et de la volonté, incarnée par les shériffs, vieil héritage cowboy - s’effacent devant la cruauté froide d’individus. Anton Chigurh, interprété par le magistral et pour le moins effrayant Javier Bardem (plus proche de Terminator que d’un homo sapiens normalement constitué), incarne parfaitement cette déshumanisation aussi exponentielle qu’inéluctable (bien que le film se déroule dans les années 80). Son personnage génère néanmoins une empathie pour le moins surprenante, mais il faut regarder le film jusqu’au bout. Fin qui peut décevoir, mais qui prend un sens terrifiant lorsque l’on s’est mis dès le départ dans la tête que Old Country for Old Men est avant tout une tranche de vie devenue “banale” dans un monde violent, monde désormais incompris par ceux qui l’ont bâti. (Sans doute toutes ces raisons qui ont fait que le film a fait un bide monumental à Cannes en 2007)
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Visiter le site web de l'utilisateur
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Lenoctambule.com Index du Forum -> Cinéma et DVD Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum



Powered by phpBB © 2001 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com