Jean-Paul Rouve signe un premier film sympathique qu’il
rythme grâce à ses attitudes extravagantes. L’aventure d’Albert Spaggiari a
déjà été adaptée au cinéma avec Les Egouts du paradis de José Giovanni
avec Jean-François Balmer et Françis Huster.
Nostalgie
Dès le
début, on note une reconstitution très crédible des années soixante-dix :
les costumes rayés, Fabrice et la valise RTL, Jean-Claude Bourré présentant le
journal, un personnage qui s’habille à la Renaud ou l’affiche du Gitan
avec Alain Delon. Autant de détails qui arrivent facilement à nous replonger
dans cette période.
Une
mise en scène originale
Le
générique se découpe en trois écrans et permet de découvrir l’évasion sous
différents angles. Le film présente les flash-back avec une certaine fluidité.
Les transitions sont assez convaincantes : gros plan d’un objet dans le
présent et on se retrouve dans le passé quand la caméra recule. Les scènes dans
les égouts sont quant à elles un peu
trop confuses.
Le duo
Rouve/Lellouche
Jean-Paul
Rouve donne toute son énergie pour reproduire la personnalité d’Albert Spaggiari : il provoque avec enthousiasme la police et les médias en se
déguisant n’importe comment. Il montre aussi de l’émotion, de l’égoïsme et un
certain égocentrisme qui rend parfois le personnage pénible. Face à lui un
Gilles Lellouche toujours à la hauteur en « journaliste » qui petit à
petit éprouve de la sympathie pour le cambrioleur.

Spaggiari versus
Mesrine
Le scénario
montre la rivalité que ressentait Spaggieri
envers Mesrine. Sachant tout de même qu'il s’auto-proclamait non-violent, refusant l’usage d’armes à feu alors que
Jacques Mesrine était nommé « l’ennemi public numéro 1 », s’étant souvent évadé dans le sang et ayant terminé fusillé en pleine rue. Nous
attendons d’ailleurs avec impatience, la sortie de L’instinct de
Mort et de L’ennemi public n°1 de Jean-François Richet avec Vincent
Cassel. Deux films qui s’annoncent beaucoup plus intenses et plus graves. La
comparaison s’arrête donc seulement à l’argent dérobé et à l’impact médiatique
qu’on connut les deux gangsters respectifs. On note aussi la présence d'un autre cambrioleur: Ronald Biggs qui avait attaqué le train postal Glasgow-Londres et
qui s’était exilé au Brésil.
Un film
pendant lequel on sourit et qui tient la route. On notera plusieurs longueurs
et une fin très prévisible avec des scènes d’émotion trop appuyées.
Emmanuel D.